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La rivière chargée d'histoireL'arrêt est tombé le 28 décembre 1926. Le Lot, au trafic fluvial autrefois si intense, était déclassé. Oublié, remisé, dédaigné. La faute au train bien sûr et aux routes toujours plus nombreuses, de mieux en mieux entretenues. le déclin était, comme pour bon nombre d'autres rivières, prévisible et ce déclassement a rangé six siècles d'activités dans les placards de l'histoire. des histoires, le Lot en a connu, des belles et des plus tragiques. Insaisissable parfois, tourmenté ou réduit à une peau de chagrin, il en a fait voir de toutes les couleurs aux haleurs, les forçats de la berge. La descente ne demandait que maîtrise et vigilance. La remontée était plus physique, plus féroce. Sur les chemins de halages parfois périlleux, les accidents étaient monnaie courante. Les premiers aménagements du Lot datent du XIVe siècle, lorsque le Pape Jean XXII, cadurcien d'origine, permet la mise en œuvre d'un vaste programme (écluses, barrages, moulins). Petit à petit, les chemins de halage se dessinent le long des berges. La fameuse entaille de Bouziès, aujourd'hui très appréciée des promeneurs, n'a quant à elle pas vu trop de sueurs ni de larmes puisque sa réalisation s'achève au milieu du XIXe siècle, au moment où le train commence à prendre de l'importance. A l'aller, vers la Garonne, les longues et larges gabarres embarquaient du bois, des châtaignes, les productions des artisans de Saint-Cirq, les fromages, et naturellement, le vin de Cahors. Au retour se sont les épices, le sel, le sucre, le rhum qui étaient rapportés du marché bordelais, et à la poupe du bateau, on amollissait la chair de la morue, le fameux stockfisch ou estofi. Au siècle dernier, au plus fort du trafic fluvial, c'est le charbon aveyronnais qui descendait le Lot. Mais l'évolution des techniques de transports ont condamné petit à petit les aléas du transport fluvial et la décision de déclasser la rivière était irréfutable. Mais, en 1990, la rivière que l'on appelait autrefois l'Olt a repris vie. Les écluses rouvertes, les berges réaménagées, en 1990, la navigation touristique a repris le flambeau. sur 64 kilomètres, en franchissant 14 écluses, on peut donc voyager de Luzech à Saint-Cirq-Lapopie. Une fabuleuse balade dans les méandres de la rivière qui ouvre d'autres horizons et des points de vue plus langoureux. Aujourd'hui, après cette première tranche, l'aménagement de l'ensemble de la rivière jusqu'à la Garonne et la Baïse a été décidé et va commencer, ce qui en fera le domaine navigable fluvial le plus important d'Europe. La rivière Lot est officiellement navigable du 1er avril au 15 novembre. De Saint-Cirq-Lapopie à Luzech, 14 écluses permettent de naviguer sur le Lot. Il s'agit des écluses de Saint-Cirq-Lapopie, de Ganil, de Bouziès, de Saint-Géry, de Planios, de Vers, de Galessie, d'Arcambal, de Lacombe, de Caty, du Pont Valentré, de Labéraudie, de Mercuès et de Cessac. D'après un article du magasine Villes & Paysages
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